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Jean-Marie Le Pen publie ses Mémoires. Enquête et extraits.

 
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Aimée


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MessagePosté le: Mar 27 Fév - 18:52 (2018)    Sujet du message: Jean-Marie Le Pen publie ses Mémoires. Enquête et extraits. Répondre en citant

On va sans doute en entendre parler. Voici l'article du point :

Le Pen, secrets d’Histoire

Testament. C’est l’un des documents politiques les plus attendus. Jean-Marie Le Pen publie ses Mémoires. Enquête et
Ce qu’il raconte dans ses Mémoires

Document. Son enfance, son père, de Gaulle, ses guerres d’Indochine et d’Algérie, Mitterrand… Jean-Marie Le Pen narre la moitié de sa vie tumultueuse dans « Fils de la nation » (Editions Muller).



Enfance bretonne. Avec ses parents, Jean, patron pêcheur, et Anne-Marie, fille de paysan, à la Trinité- sur-Mer, dans les années 1930. Jean-Marie Le Pen deviendra pupille de la nation après le décès de son père en 1942.

[img]https://journal.lepoint.fr/ce-qu-il-raconte-dansses-memoires-2196774#[/img
« Fils de la nation. Mémoires », de Jean-Marie Le Pen (Editions Muller, 450 p., 22,90 €). Parution le 28 février.
EXTRAITS
LA MORT DU PÈRE « TU ES L’HOMME DÉSORMAIS » (1942)
(…) A Saint-Gildas [-de-Rhuys, dans le Morbihan, NDLR] m’attend l’une des pires épreuves de ma vie.
Arrivés sur la plage où sont déjà le maire, un employé municipal et les gendarmes, nous sommes conduits, Paul, maman et moi, jusqu’à un gros paquet ficelé dans une grossière toile noire. Je réalise alors seulement que mon père est mort, qu’il est là, dans une réalité terrifiante.
Malgré maman, j’ai voulu voir et c’était horrible. Le visage n’est plus qu’une plaie livide, méconnaissable.
Il fait beau, au loin la mer scintille, indifférente.
Il faut maintenant mettre en bière. Les hommes présents chargent le cercueil sur la camionnette, après que le maire nous a donné le permis de transport. Paul et moi faisons le voyage de retour assis sur le cercueil. Quand nous le déposons chez lui, je reste seul avec mon père, encore quelque temps.
De retour à la maison, maman me dit :
« Tu sais, il ne faut plus que tu te conduises comme un petit garçon, tu es l’homme désormais. » (…)
« J’avais fait le serment de venger la mort de mon père en tuant un soldat allemand. Le temps me parut venu de le tenir. »
VENGEANCE « DÉSOLÉ, LES GARS, JE N’AI PAS PU » (1944)
(…) On se rappelle peut-être le serment que j’avais fait de venger la mort de mon père en tuant un soldat allemand ? Le temps me parut venu de le tenir.
Le soir, je guettais le départ des Allemands en compagnie de mes inséparables copains René et son frère Albert, quand passe un soldat, seul, les grenades à la ceinture et l’arme à la bretelle. Il crie de loin en loin :
« Achtung ! Attenzion, mines dans cinq minutes ! »
Un bref conciliabule dans l’ombre et je bondis à la maison chercher mon pistolet. C’était l’occasion ou jamais de remplir mon serment ! L’heure de la vengeance ! On s’emparerait de ses armes et on le traînerait dans le jardin.
Je reviens deux minutes plus tard. Mes copains étaient là, fidèles, le suivant à quelques pas. Nous continuâmes cette étrange procession, moi serrant mon 6,35 dans ma poche, lui, répétant à intervalles réguliers :
« Attenzion, mines dans cinq minutes. »
Mon cœur battait à tout rompre. Le doigt sur la détente, je ne me résolvais pas à tirer, pris par une terrible émotion. Que se passa-t-il en moi ? Répugnai-je à tirer dans le dos ? Fus-je impressionné par l’avertissement favorable à la population, il nous prévenait tout de même que les mines allaient être armées ? Je l’ignore toujours. S’il s’était retourné, s’il avait fait le moindre geste de défense, je tirais. Mais il continuait sa route imperturbable. Au bout de 200 mètres, nous rebroussâmes chemin. Je n’étais pas fier de me dégonfler devant les copains :
« Désolé, les gars, je n’ai pas pu. »
Quelques minutes plus tard, le grand pont Eiffel qui reliait Saint-Philibert à La Trinité était coupé par une gigantesque explosion et s’écroulait dans la rivière, puis ce fut le tour des quais et des navires que les Allemands laissaient là. L’arsenal brûlait. Un beau feu d’artifice. L’occupation était finie.
Je confesse qu’à aucun moment nous n’avons envisagé ce qu’auraient pu faire les Allemands en découvrant le cadavre de leur camarade. Je frémis en pensant qu’il y avait encore en rade trois bâtiments de guerre. Pour moi, pour La Trinité, je ne regrette pas d’avoir manqué à mon serment. (…)



Meneur. En 1953, la Hollande fait face à de terribles inondations, qui font plus de 1 800 morts. Jean-Marie Le Pen, alors président de la Corpo de droit, appelle le chef de l’Etat, Vincent Auriol, et lui propose d’envoyer sur place un contingent d’étudiants français volontaires.
« De Gaulle n’avait pas une tête de héros. Un héros doit être beau. Comme saint Michel ou Pétain. »

LE GÉNÉRAL DE GAULLE « IL ME PARUT LAID » (1945)

(…) J’allai voir le 23 juillet le général de Gaulle à Auray. Pour toucher le grand homme. Il n’avait pas encore acquis le métier des bains de foule et passait, hiératique, un peu excédé, au milieu de la masse enthousiaste. Je serrai cette main indifférente. Il me parut laid et dit quelques banalités à la tribune tendue de tricolore. Il n’avait pas une tête de héros. Un héros doit être beau. Comme saint Michel ou le maréchal Pétain. J’étais à nouveau déçu. (…)

VINCENT AURIOL « JE VOUDRAIS PARLER AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ! » (1953)
(…) Je remontais le boulevard Saint-Michel quand je vis le titre inoubliable de France-Soir sur huit colonnes [sur les inondations meurtrières aux Pays-Bas]. Une idée frappa mon esprit : il fallait montrer que nous, les jeunes Français, étions solidaires des Pays-Bas.
Nous étions sept ans après la fin de la guerre mondiale, convaincus que celle-ci avait été une véritable guerre civile ruineuse et meurtrière pour l’Europe. Nous ressentions la nécessité d’unir nos nations face à la menace que fait peser l’Armée rouge. J’entre dans le café le plus proche, l’Ololo Bar, je crois, situé près de la place de la Sorbonne. Krotof m’avait enseigné deux formules :
« Primo, la vie commence toujours demain. Secundo, il faut toujours passer par la grande porte. »
Sous-entendu, les PDG sont plus polis que les concierges. Je mets en application, je décroche le téléphone et j’appelle l’Elysée :
« Je voudrais parler au président de la République ! »
C’était Vincent Auriol, à l’époque. La secrétaire s’enquiert : « Qui le demande ?
– Le Pen, président de la Corpo de droit.
– Je vous le passe. »
Ça ne marcherait plus aujourd’hui. Avec le savoureux accent toulousain qu’il n’avait pas complètement perdu, Auriol, lui-même ancien président de l’AG de Toulouse, m’interpelle :
« Alors, Présideng, qu’est-ce qu’il y a pour ton service ?
– Monsieur le Président, de terribles inondations viennent de frapper la Hollande. Nous, étudiants français, souhaiterions témoigner que nous ressentons cette catastrophe comme touchant directement notre pays et pour cela envoyer à leur secours un contingent d’étudiants français volontaires.
– Je t’approuve et suis disposé à vous aider, mais je pars ce soir pour Muret. Je laisse mes consignes à Pleven [ministre de la Défense nationale, NDLR], adresse-toi à lui et bonne chance. »
(…) C’est ainsi que fut fondé le Gusi, Groupement universitaire de secours immédiat. Une mise au point, tout de même, je ne voudrais pas me faire plus culotté que je ne le suis : j’avais été présenté à Vincent Auriol au bal du droit, c’est ce qui m’avait donné l’aplomb de l’appeler. (…)



Combattant. En Indochine, en 1954. « Là-bas, l’armée française avait vu des violences horribles qui passent l’imagination et font paraître l’arrachage d’un ongle pour presque humain. »

FRANÇOIS MITTERRAND « COMEDIANTE ? TRAGEDIANTE ? » (1956)

(…) La campagne fut très courte, dans le froid rigoureux de l’hiver 1955, encore raccourcie par la trêve des confiseurs. La dernière semaine, après Noël, je fus dépêché par Poujade [leader de l’Union de défense des commerçants et artisans, qui fit entrer 52 députés à l’Assemblée en 1956, NDLR] contre les poids lourds de ce qu’on nommait « le Système ». A l’époque, les réunions contradictoires, qui sont devenues plus rares après 1968, étaient monnaie courante. Je me rendis donc à Nevers, où François Mitterrand tenait son meeting final sous la halle de la ville, archibondée. L’astuce était que les poujadistes formaient les quatre cinquièmes de l’assistance. Or les sections locales avaient mené contre l’ancien ministre une campagne d’une haute tenue intellectuelle sur le thème :
« Fumier, voleur, salaud, enculé. »
Lui avait répondu sur le thème, non moins académique, de « fascistes ». Tel était, tel est toujours, le niveau des campagnes républicaines. Il trônait au sommet d’une pyramide d’une dizaine de mètres, dans le meilleur style des années 1930. J’arrive avec mon équipe et là, pile, il tombe évanoui ! Comediante ? Tragediante ? Avec lui, difficile de savoir. Toujours est-il que ses amis l’emportent, j’en profite, je grimpe les degrés de la pyramide, je fais le meeting à sa place. (…)

CANAL DE SUEZ « ON PEUT ÊTRE ENNEMIS ET FAIRE PROPREMENT LES CHOSES » (1956)

(…) Une chose mérite encore d’être mentionnée durant ce séjour, le grand nombre de cadavres qui jonchaient notre secteur sur la rive du canal. Des militaires égyptiens qui avaient fui devant l’offensive israélienne, des civils, hommes ou femmes, qui s’étaient trouvés là au mauvais endroit au mauvais moment. Avec la chaleur, il est urgent de les enterrer. J’en suis chargé avec ma section et je pare au plus pressé en creusant de vastes fosses communes, mais, breton et catholique, j’ai le respect des morts. Je sais qu’un musulman doit être enterré la tête vers La Mecque, je les oriente comme il faut, les fais déchausser et enrouler dans des guenilles dégottées sous des huttes en guise de suaire. Quelques gars sèment le souk dans ces cabanes de pêcheurs. En voyant les filets sécher au soleil comme chez moi, à La Trinité, j’interviens pour arrêter un début de saccage imbécile, ces gens sont d’une pauvreté terrible. Une chose me frappa, il n’y avait pas d’ustensile en métal. Rien que de la terre cuite. On n’est pas mécontent quand les fosses sont enfin refermées.
Le lendemain, me voilà convoqué chez le général Massu, le patron de la division. Qu’est-ce qu’il peut me vouloir ? Une espèce de sourire satisfait se lit sur son visage :
« Les écoutes du camp de prisonniers égyptiens font état d’un geste chevaleresque d’un officier français… »
Je me rengorge. J’attends le compliment mais il continue :
« Je ne veux pas de problèmes. Désormais, vous les enterrerez tous. »
(…) Dans le corps expéditionnaire, on me surnomma lieutenant Borniol, mais cela me valut quelque considération chez les musulmans : on peut être ennemis et faire proprement les choses. (…)
René Coty : « Je ne veux pas de sang sur les mains. » Du tac au tac, je réplique : « Vendez des tomates… »

TORTURE « LES COUPS, LA GÉGÈNE ET LA BAIGNOIRE » (1957)

(…) On a parlé de torture. On a flétri ceux qui l’avaient pratiquée. Il serait bon de définir le mot. Qu’est-ce que la torture ? Où commence, où finit-elle ? Tordre un bras, est-ce torturer ? Et mettre la tête dans un seau d’eau ? L’armée française revenait d’Indochine. Là-bas, elle avait vu des violences horribles qui passent l’imagination et font paraître l’arrachage d’un ongle pour presque humain. Je n’en dresserai pas la liste car elle est longue, horrible, répugnante. Mais la liste des blessures de guerre infligées aux combattants et aux civils, si elle ne témoigne pas de la même intention perverse et malsaine, est tout aussi effroyable : jambes arrachées, gueules cassées, yeux brûlés, et je m’arrête là. Cette horreur, notre mission était d’y mettre fin. Alors, oui, l’armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d’Alger, mais les moyens qu’elle y employa furent les moins violents possible. Y figuraient les coups, la gégène et la baignoire, mais nulle mutilation, rien qui touche à l’intégrité physique. (…)
(…) Lorsque, après les élections européennes de 1984, le Front national a pris de l’importance politique, une série d’affaires rapportées par la presse a établi ce fait. D’ailleurs, vous [l’un de ses accusateurs éventuels] l’aviez officiellement reconnu dans le journal Combat du 9 novembre 1962 :
« Je n’ai rien à cacher. Nous avons torturé en Algérie parce qu’il fallait le faire. »
Ces phrases, je les ai prononcées. Je ne les renie pas, mais je les explique, j’ai commencé à le faire dans un courrier envoyé à Combat le jour même de leur parution. Un, j’ai donné au mot torture le sens limité que j’ai défini plus haut, et deux, le nous désigne l’armée française dont je suis solidaire, non pas moi et mes camarades, qui n’étions nullement chargés, je le répète, des interrogatoires spéciaux. J’ajoute ici que nous avons agi, nous les paras, nous les légionnaires, nous les soldats français, en conformité avec la directive spirituelle que nous avions reçue de notre aumônier, le père Delarue. Nous, nous avons respecté les lois de la guerre, ce qui n’était pas le cas de nos ennemis. (…)
(…) Il faut être fou à lier pour y croire, mais la suite est meilleure encore : la preuve fournie par l’accusation est un poignard de Hitlerjugend censément oublié sur place avec son étui, sur lequel se trouvait gravée l’inscription accusatrice : Lieutenant Jean-Marie Le Pen, 1 er REP. On en pleurait de rire avec Loulou Martin [le commandant Louis-Pierre Martin, NDLR].
« Je t’imagine oubliant ton ceinturon et ton poignard. Tu serais reparti en calebar, le treillis sur les godasses.
– Et le poignard ! Il fait 11 centimètres de longueur ! Elle est belle, la Légion, avec des canifs de boy-scouts !
– En plus, t’as fait ça en pleine Casbah, le secteur de Bigeard [Marcel Bigeard, alors commandant du 3 e BPC] ! Marcel n’a pas dû être content, il est chatouilleux sur son territoire ! »
Ce type de contes à dormir debout, bons tout juste pour les lecteurs de Pif le chien,de Mademoiselle Age tendre ou du Monde, cela revient au même, fleurissait. Les membres du FLN en avaient la consigne, cela faisait partie de la guerre psychologique :
– Si vous êtes pris, dites que l’armée vous a torturé. » (…)



Légionnaire. Lors de la bataille d’Alger, en 1957, avec le général Massu, commandant de la 10 e Division parachutiste (à dr.), et le colonel Jeanpierre (de dos).

RENÉ COTY « UNE QUESTION PRESQUE DOULOUREUSE » (1958)

(…) C’est pendant notre permission à Paris, à Demarquet [Jean-Maurice Demarquet, cofondateur en 1957, avec Le Pen, du Front national des combattants, NDLR] et à moi, qu’aura lieu un événement presque loufoque. Le président de la République, René Coty, a demandé à nous voir. Il nous reçoit dans son bureau en présence de son directeur de cabinet, Merveilleux du Vignaux, et nous pose une question presque douloureuse :
« Ecoutez, je ne comprends pas. Pourquoi, à Alger, les gens crient-ils : Coty au poteau ?
– Parce que vous graciez les tueurs du FLN, Monsieur le président.
– Je ne veux pas de sang sur les mains. »
Du tac au tac je réplique :
« Vendez des tomates, c’est un métier où l’on ne risque pas de s’en mettre. »
Il se lève, digne, sort du bureau. Je me souviens que, jeune avocat, il avait défendu des anarchistes au Havre. Comme beaucoup de modérés, il a un fond sentimental de gauche. Son directeur de cabinet, Merveilleux du Vignaux, intervient :
« Vous oubliez que vous parlez au président de la République.
– Et vous, vous oubliez que vous parlez à un député. »
Il sort à son tour. Nous restons un moment seuls dans le bureau. Demarquet éclate de rire :
« Tu n’as plus qu’à t’asseoir, le coup d’Etat est fait. » (…)

13 MAI 1958 « NOUS ENTRETENONS LES MEILLEURES RELATIONS AVEC LE GÉNÉRAL SALAN »
(…) On décolle mais presque aussitôt le pilote fait demi-tour, se pose, monte avec une échelle sur l’aile, farfouille dans un des moteurs, referme, avec pour tout commentaire :
« Plus de problème ! »
De fait, nous atteindrons l’aéroport d’Alger sans autre difficulté. Je suis euphorique, on y est arrivé. Maintenant tout dépend de notre détermination et de notre talent. Nous allons pouvoir peser sur les événements. On va nous accueillir à bras ouverts, des députés hier encore engagés dans les paras pour l’Algérie française, on ne peut pas faire mieux. En plus mon chef Jeanpierre vient de faire un boulot excellent lors de la bataille d’Alger, puis tout récemment dans celles des frontières, et par-dessus le marché nous sommes d’anciens poujadistes : de quoi plaire à Lagaillarde [Pierre Lagaillarde, cofondateur de l’OAS, NDLR] autant qu’à Ortiz [Joseph Ortiz, instigateur des émeutes à Alger, NDLR], deux des principales figures du comité de salut public !
Las, au contrôle d’identité, c’est la douche froide. Des militaires gueules bloquées nous tirent à part et nous tiennent plusieurs minutes en garde à vue, le temps de vérifier la consigne au téléphone. Je m’étonne :
« Il doit y avoir erreur. Nous entretenons les meilleures relations avec le général Salan. »
Pour toute réponse le colonel d’aviation qui nous a alpagués pose son combiné en ricanant :
« Ça m’étonnerait. Jouhaud [Edmond Jouhaud, qui sera un des quatre généraux du putsch d’Alger, NDLR] a dit de vous flinguer si vous faisiez les zouaves. Les ordres sont formels, vous êtes expulsés. Vous devez repartir avec votre avion. »
Il nous y raccompagne. On redécolle direction Madrid, très marris et un rien intrigués : quelle mouche avait piqué Salan [Raoul Salan, un des quatre généraux du putsch d’Alger, NDLR] ? Nous n’étions pas au bout de nos surprises.(…)
« La notoriété de ce qu’on nomme aujourd’hui les people ne confère nulle autorité à leurs paroles. »

JULIETTEGRÉCO « UN SILENCE DE BON SENS MALGRÉ LA SURVEILLANCE DES PIONS SARTRE ET BEAUVOIR » (1960)

(…) Etonnante Gréco ! Egérie de Saint-Germain-des-Prés, donc engagée à gauche, elle n’avait pas voulu pour autant signer le Manifeste des 121 contre la guerre d’Algérie avec cette excuse :
« Les acteurs et les chanteurs ne sont pas des gens sérieux, que viennent-ils se placer dans une affaire aussi grave ? Je crois que mon nom au bas de ce manifeste en minimiserait la portée. »
Sincère ou non, elle mettait le doigt sur une importante vérité, savoir que la notoriété de ce qu’on nomme aujourd’hui les people et que l’on appelait vedettes à l’époque ne confère nulle autorité à leurs paroles. Elle refusait d’avance l’évolution de l’intellectuel français qui aboutit à Bernard-Henri Lévy, savoir que l’on donne de l’importance à des opinions sans considérer si elles sont justes ou fausses, pour la seule raison que celui qui les émet est connu. Je suis sensible à cette question parce que le jugement du showbiz a été très souvent utilisé contre moi (et contre Trump depuis), et j’ai quelque admiration pour Juliette Gréco, qui a su garder un silence de bon sens malgré la surveillance des pions Sartre et Beauvoir. (…)

NU SUR L’ACROPOLE « LES VERS ME SONT VENUS À LA BOUCHE L’UN APRÈS L’AUTRE SANS EFFORT » (1960)

(…) En rêvassant nu sur l’Acropole dans le raffut des cigales et le brasillement d’un sol écrasé de lumière, j’aimais la Grèce d’Homère et de Racine, celle aussi de Brasillach. Son destin, sa mort à 35 ans m’avaient ému adolescent. Je ne récitai pas pour autant, là-haut, le testament qu’il écrivit avant qu’on le fusille, dont les premières strophes me reviennent spontanément à la mémoire aujourd’hui :
« L’an trente-cinq de mes années » (…)
(…) Les vers me sont venus à la bouche l’un après l’autre sans effort, comme l’eau sourd naturellement de sa source. Ils portent toujours le même espoir, le même amour, la même indignation. Elle m’habitait à l’époque, mais, là, sous le soleil de l’Acropole, je pensai à un autre Brasillach, celui qui choisit et traduisit, sans aucune des préciosités pédantes si communes aux novices en humanités classiques, les textes dont se compose son « Anthologie de la poésie grecque ». La merveilleuse variété d’Anacréon et d’Hésiode, de Sappho et d’Archiloque. Babioles, métaphysique, tous les sujets, tous les registres, tous les genres, le tout au naturel, sans chichis mais non pas sans art, la Grèce d’hier et d’aujourd’hui dans un éternel présent souriant. Il faut bien redescendre de l’Acropole. (…)

Editeur de disques. Pierre Fresnay, l’un des plus grands comédiens de l’entre-deux-guerres, enregistre « Les poèmes de Fresnes », de Robert Brasillach, pour le label de Jean-Marie Le Pen.

ROBERT BRASILLACH « DE GAULLE LUI REFUSA SA GRÂCE. JE NE LE LUI AI PAS PARDONNÉ » (1963)

(…) Certains disques furent l’occasion de rencontres. Pierre Fresnay, l’un des plus grands comédiens de l’entre-deux-guerres, acteur fétiche de Marcel Pagnol, lut « Les poèmes de Fresnes », de Robert Brasillach. Il a refusé d’être rémunéré. Je suis allé dîner un soir chez lui, ils se sont engueulés tout le repas avec sa femme, Yvonne Printemps. Quand la maquette du disque a été prête, nous l’avons écoutée avec la sœur et la mère de Brasillach, rue Râteau, chez Maurice Bardèche, son beau-frère, tous groupés autour de la table dans la pénombre. Religieusement.
La poésie a rendu plus tragique le destin de Robert Brasillach. Je suis féru de poésie, j’ai eu le chanteur et poète Mouloudji pour ami. Oui, l’homme qui a fait le succès du « Déserteur », de Boris Vian, qui chantait à la fête du PSU, le parti de Michel Rocard. Il m’a fait cadeau d’une magnifique édition originale de ses « Complaintes » illustrée par lui-même. Je lui ai demandé un jour :
« Comment se fait-il que tu sois allé voir du côté de Sartre et Beauvoir ? »
Il m’a répondu :
« J’allais du côté où l’on me donnait à manger. »
Les poètes doivent vivre, le sort n’est pas toujours tendre avec eux et la politique leur réussit mal. Brasillach fut le troisième poète français exécuté, après André Chénier et Fabre d’Eglantine. Jeune prodige de la littérature, il avait écrit des romans, un livre sur la guerre d’Espagne avec son beau-frère Bardèche, et surtout une « Anthologie de la poésie grecque » qui est, avec ses « Poèmes de Fresnes », un de mes livres de chevet. Rentré en 1942 d’Allemagne, où il était prisonnier de guerre depuis 1940, Brasillach a écrit jusqu’en 1943 dans Je suis partout, journal devenu collaborationniste. Il s’est livré en 1944 à la police pour prendre la place de sa mère arbitrairement incarcérée, il a été jugé en quelques heures et fusillé le 6 février 1945, sans doute en expiation des émeutes de 1934. Pupille de la nation comme moi, de Gaulle lui refusa sa grâce, l’ayant, dit-on, confondu avec Doriot [Jacques Doriot, chef du PPF pendant la guerre, NDLR] sur une photo. Je ne le lui ai pas pardonné. (…)
« Je suis féru de poésie, j’ai eu le chanteur et poète Mouloudji pour ami. »

PERTE DE SON ŒIL « LA TUILE » (1965)

(…) Pour l’instant, il [Tixier-Vignancour, candidat à la présidentielle, NDLR] cristallise et thésaurise autour de lui l’hostilité des gens que mon autorité blesse, à toutes fins utiles, mais j’ai d’autres soucis. La campagne est épuisante, avec l’organisation à surveiller, un discours chaque soir, et chaque jour le chapiteau à monter et démonter. A Hyères, en maniant le maillet pour enfoncer une sardine où l’on attache les cordes de tension, j’ai un choc à l’œil, on doit m’hospitaliser. Décollement de la rétine. La tuile.
Je dois quitter la caravane avant Nice, remonter en train les deux yeux bandés, appuyé sur le bras de Pierrette. A Lyon je consulte un ponte, le professeur Paufique. Son diagnostic est sans espoir : hémorragie dans le vitré. Il m’opère mais je perds la vue d’un œil qui restera cependant sensible à la lumière, sensible à la douleur qu’elle lui cause. C’est pourquoi je porterai un bandeau, d’abord pour me protéger contre les batteries de projecteurs que l’on affronte sur scène (…)

MARINE « APPLAUDIE QUAND ELLE EST ENTRÉE DANS LA CLASSE » (1985)

(…) Ce long périple grec nous ramène à Pierrette et moi, et à nos filles. Est-ce un mal, l’indépendance des parents ? Mes filles considèrent que oui. Elles ont l’air de m’en faire grief. Je comprendrais mieux qu’elles me reprochent d’avoir été persécutées en classe à cause de moi par nombre de leurs maîtres qui ne valaient pas grand-chose. Les enfants n’osent pas se plaindre, ils ont peur que la réaction de leurs parents ne leur vaille des persécutions supplémentaires. Ce devait être épuisant pour mes filles. Le jour où Libération a titré (…) « Torturés par Le Pen », j’ai dit à Marine :
« Aujourd’hui, tu peux te dispenser d’y aller. »
Elle n’a pas voulu, elle y a été, et ses copines l’ont applaudie quand elle est entrée dans la classe. Elle a du cran. (…)§
.

Par Hugo Domenach et François-Guillaume Lorrain


Serment. Pendant la guerre d’Indochine, en 1954, Jean-Marie Le Pen (à dr.) est sous-lieutenant. « C’est le serment des Horaces de défendre victorieusement Rome, en l’occurrence, la France. Sur la photo, je suis avec Peyrat (à g.) et Maroni (au c.) », précise au « Point » Jean-Marie Le Pen.
Dire qu’ils sont attendus relève de l’euphémisme. Avec le premier tome de ses Mémoires, Jean-Marie Le Pen livre le testament d’une des figures politiques françaises les plus controversées, les souvenirs d’un « diable de la République » qui ne veut laisser à personne d’autre que lui, et surtout pas à sa fille, le soin de rehausser son image et faire fructifier son héritage.
Il avait entamé la première mouture au fil de l’eau, pour « fuir l’ennui » sur l’« Eryx II », un voilier qu’il convoyait de Panama aux Marquises. C’était en 1975. A 46 ans, il venait de subir une cuisante défaite à la présidentielle de 1974 (0,75 % des voix) et pensait à repartir à l’abordage. Il a bouclé le premier tome dans sa demeure avec piscine de Rueil-Malmaison, quarante-quatre ans et trois tentatives ratées plus tard, en vieux pirate exclu de son propre navire. Le 28 février, Jean-Marie Le Pen publie « Fils de la nation » (Editions Muller), tiré à 40 000 exemplaires. Un titre choisi en référence à son statut de pupille de la nation qui lui donna l’impression, enfant, d’être un Français « pas tout à fait comme les autres ».
Quelle trace veut laisser de lui le fondateur du Front national ? Celle d’un pirate ? D’un aventurier ? D’un « prophète » ? D’un trublion ? Ou d’un « brise-glace », comme il se définit lui même ? Dans un style tantôt lyrique, tantôt oral, Le Pen peint ses aventures de sa naissance, le 20 juin 1928, à 1972, année de la création du Front national avec les néofascistes d’Ordre nouveau. Il emploie le ton d’un vieux sage visionnaire sans se renier sur le fond. Il réitère dans son livre les propos polémiques qui ont fait de lui l’ennemi public numéro un au cours de sa carrière politique. Outre la répétition de ses déclarations sur la Shoah, « point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale », qui lui ont valu d’être exclu du FN par sa fille, il se fait également le porte-parole de la théorie du « grand remplacement » des « Français de souche » par les immigrés. Le Pen se défend toutefois et toujours avec emphase d’être raciste et antisémite, invoquant notamment l’alibi d’une ancienne conquête féminine juive, Lulu Arpels, « de la famille des bijoutiers Van Cleef and Arpels ». Le leader nationaliste y explique encore qu’il « préfère une paysanne inculte mère de six enfants à une dame major de Polytechnique qui n’en a pas ».
Jean-Marie Le Pen tient à révéler un personnage moins connu du grand public, plus romantique.
Au-delà des saillies outrancières qui, malgré le peu de place qu’elles occupent dans le livre, ne peuvent être considérées comme un point de détail de sa propre histoire, Jean-Marie Le Pen, metteur en scène de lui-même, tient à révéler au fil des pages un personnage moins connu du grand public, plus humain, plus romantique, moins éructant. Un Français de France qui a traversé les épisodes les plus agités de son époque, qui a vécu plusieurs vies, conflits armés, politiques et personnels. Un orphelin de guerre, un marin pêcheur, un mineur de fond, un apprenti résistant, un fêtard du Quartier latin buvant des coups avec Boris Vian, un coureur de jupons, un président de syndicat étudiant, la « Corpo », un vendeur de disques, un parachutiste aux méthodes expéditives, un député, un tribun, un paria, un frondeur et, enfin, le fondateur d’un parti politique… Si, dans le premier volet, il n’évoque ses filles que furtivement, car « il est trop tôt pour en parler » et que « Marine » est « assez punie comme cela pour qu’on ne l’accable pas » – il va même jusqu’à dire que sa fille lui fait « pitié » –, il s’épanchera dans le second tome, prévu pour fin 2018 et sur lequel il travaille encore. Mais la date de parution du premier, à quelques jours du congrès de « refondation » du FN, dont le principal enjeu sera de l’évincer de la présidence d’honneur, est un ultime pied de nez à Marine Le Pen. Il a beau jurer qu’il s’agit d’« un hasard », à 89 ans il n’est toujours pas prêt à se laisser voler la vedette.
Rendez-vous manqués. Plus que la politique, l’Histoire est donc la grande invitée de ce premier tome. Cette Histoire dont il déplore qu’elle soit « enseignée par des criminels » et qu’il raconte sur un ton parfois professoral, au nom d’une piété filiale trempée dans la défense d’une France qu’il estime plus que jamais menacée par le raz de marée migratoire, musulman ou chinois. Marqué par une épuration qui le vit effectuer son premier geste politique – un tract contre les pseudo-résistants de la dernière heure –, il défend la vision d’une France datée et nostalgique où, entre de Gaulle et Pétain, son choix ne fait aucun doute. Maréchal, me voilà ! Emblématique d’une génération de soldats qui s’estimèrent trahis par leurs gouvernants, son parcours s’enrichit d’un étonnant paradoxe : ce Breton qui aura voulu être de tous les coups aura toujours raté le train de cette Histoire. En 1944, c’est avec le 6.35 de son père tué par une mine en 1942 que le jeune Le Pen, 16 ans, échappe à la surveillance de sa mère pour le venger et faire, la rage au cœur, le coup de poing dans le maquis breton de Saint-Marcel. Il faut cependant vite battre en retraite. Qu’aura-t-il fait avec son revolver ? « Pas grand-chose », a-t-il l’honnêteté de reconnaître. Premier rendez-vous manqué. Un peu plus tard, il envisage de charger au pistolet un char allemand repéré à quelques kilomètres. Lorsqu’il passe à l’acte, le char a disparu. Puis c’est un Allemand, le jour de la retraite de la Wehrmacht à La Trinité-sur-Mer, qu’il suit dans la rue avec deux copains. « Que se passa-t-il en moi ? » Il manque à son serment, mais se félicite a posteriori en songeant aux représailles que son geste aurait entraînées. Mieux, cette scène forte semble justifier sa détestation des résistants, assimilés à des terroristes qui enclenchaient le cycle terreur-répression, ce qui l’amène à tracer des parallèles odieux entre les résistants, les terroristes du FLN et les djihadistes.
A 26 ans, il s’engage dans la Légion. Les classes qui durent, une permission de trois semaines, la lenteur du périple du bateau qui l’achemine jusqu’à Saigon font que Diên Biên Phu est tombé quand il accoste : « Nous venions juste boucher les trous. » Rebelote à Suez lors de l’opération du 5 novembre 1956. Le 1 er REP n’est pas en première ligne et, quand il débarque à Port-Saïd, le 6 au matin, il a encore raté le coche ; il ne lui reste plus qu’à enterrer les cadavres des ennemis musulmans. L’Histoire toujours se dérobe. S’il est disert sur les tenants et les aboutissants de la guerre d’Algérie, l’officier de renseignement qu’il fut à la Légion passe bien vite sur la bataille d’Alger, début 1957. Pour quelle raison ? « Je pris une part mineure. » A voir.
La (més)aventure prend un tour quasi comique après le 13 mai 1958, où, à la suite d’un quiproquo, le député, flairant que c’est à Alger que ça se passe, est baladé d’avion en avion entre l’Espagne et l’Algérie. Son indépendance farouche l’incite aussi à rester à distance, malgré son opinion pro-Algérie française, du putsch d’avril 1961 et de l’OAS, considérant que ces barouds d’honneur sont voués à l’échec. Politiquement, ses premières expériences ont relevé aussi de l’occasion manquée. En 1956, il est la vedette américaine de Poujade, qui le trouve trop offensif, avant de mettre en avant Tixier-Vignancour, qui finit par prendre ombrage de ses conseils. En Mai 68, il est sur la touche, aux abonnés absents. Que lui reste-t-il pour vivre ? La SERP, une société de disques spécialisés dans les événements du XXe siècle et les chants militaires de tout bord. Faute de l’écrire ou d’y participer pour de bon, le voilà réduit à enregistrer l’Histoire. Symbole même de cette place dans l’ombre des événements, la scène étonnante où il se retrouve à graver sur un microsillon les salves du peloton d’exécution qui fauchent Jean Bastien-Thiry, après l’attentat manqué contre de Gaulle. Le Pen était planqué derrière le mur d’enceinte du fort d’Ivry !
Malgré tout, ces expériences forment les « aventures picaresques du petit Breton dans la grande France ». Des habits chatoyants pour cet homme politique d’extrême droite qui voudrait que l’on sache que sa vie fut romanesque. Plus que son bilan politique


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MessagePosté le: Mar 27 Fév - 18:52 (2018)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 27 Fév - 20:52 (2018)    Sujet du message: Jean-Marie Le Pen publie ses Mémoires. Enquête et extraits. Répondre en citant



tu vas l'acheter ?   si on nous le donne à la bibli je le lirais.






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MessagePosté le: Mer 28 Fév - 06:51 (2018)    Sujet du message: Jean-Marie Le Pen publie ses Mémoires. Enquête et extraits. Répondre en citant




Je ne vais pas l'acheter. D'ailleurs, il doit être rempli de mensonges



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MessagePosté le: Mer 28 Fév - 07:26 (2018)    Sujet du message: Jean-Marie Le Pen publie ses Mémoires. Enquête et extraits. Répondre en citant

oui ce doit être truffé de mensonges et puis lire à nouveau ses idées sur la négation du massacre des juifs, on sait ce qu'il pense, moi non  plus, je ne l'achèterai pas.



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MessagePosté le: Mer 28 Fév - 18:56 (2018)    Sujet du message: Jean-Marie Le Pen publie ses Mémoires. Enquête et extraits. Répondre en citant

Non je ne l'achèterai pas, c'est bien pour ça que j'ai mis ce qu'il fallait en savoir.

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MessagePosté le: Jeu 1 Mar - 14:33 (2018)    Sujet du message: Jean-Marie Le Pen publie ses Mémoires. Enquête et extraits. Répondre en citant



on peut ne pas l'acheter çà me ferait mal au bide de lui verser un centime.
mais si on nous le donne je le lirai

déjà raconté pendant plusieurs années nous avons côtoyé
en vacances un gars qui était dans le bureau du parti  du borgne .
un jour je l'ai envoyé paitre du coup sur la plage il se mettait
loin de nous




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MessagePosté le: Ven 2 Mar - 07:05 (2018)    Sujet du message: Jean-Marie Le Pen publie ses Mémoires. Enquête et extraits. Répondre en citant

celà fait maintenant 2 ans qu'ils ne se parlent plus avec sa fille...



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Aimée


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MessagePosté le: Sam 3 Mar - 20:38 (2018)    Sujet du message: Jean-Marie Le Pen publie ses Mémoires. Enquête et extraits. Répondre en citant

La Nouvel Obs :

"Mémoires de Jean-Marie Le Pen : les habits neufs d'un fasciste heureux

Mémoires de Jean-Marie Le Pen : les habits neufs d'un fasciste heureux
En publiant le premier de ses deux tomes de Mémoires, Jean-Marie Le Pen sait qu’il peut réveiller la sensibilité encore bien écorchée de nombreux Français. Le fondateur du Front national écrit moins bien qu’il ne s’exprime, mais il se laisse lire car il est heureux de se confier. Il est en effet, à ses propres yeux, l’image de la bravoure et de l’honneur, avec un côté Cartouche et un peu d’Artagnan.

Mais il n’oublie pas qu’on l’a traité de fasciste et qu’après tout il l’a peut-être été. A mon avis, il l’a été tout à fait. Antisémite ? Evidemment ! Il s’y refuse par intermittence, mais le fait d’avoir baptisé la Shoah de "détail", ce n’est pas passé, cela ne peut pas, cela ne doit pas passer. Et il ose s’en étonner. Pourtant il est le symbole du négationnisme, simplement parce qu’il feint de ne pas croire au caractère exceptionnel des massacres collectifs.

La suite après cette publicité

Anti-Arabes ? Plus ou moins, bien sûr ! Mais c’est plutôt difficile lorsqu’on lutte pour que l’Algérie reste française. A ce propos, il ne fait pas allusion au bémol qu’il a mis à son antigaullisme déchaîné, tenace dans la haine et l’injure. De quoi s’agit-il ? Le jour où de Gaulle a cru devoir confier à Alain Peyrefitte, son biographe, que ces gens de l’Algérie française étaient des fous avec leur prétention de mêler des musulmans à un "peuple européen de race blanche […] et de religion chrétienne" – parce qu’aux yeux de De Gaulle, c’était ça, le peuple français ; en lisant cela, Le Pen a découvert que de Gaulle avait peut-être eu raison. Mais il reste que, pour Le Pen, de Gaulle a été un traître, un diviseur, un homme qui a fait le malheur de la France. Le Pen déteste de Gaulle, mais il ne comprend rien à sa stratégie.

Car pour nous qui avons si souvent écrit sur Le Pen et les autres, nous avons vérifié que de Gaulle avait un problème avec l’armée, qu’il a fini par mépriser. Elle avait toujours perdu : en 1870, en 1914 et en 1939, à Madagascar, en Indochine. En fait, aucune armée ne pouvait supporter une telle humiliation, et de Gaulle savait qu’il était impérieux de donner de l’honneur à cette armée, de restaurer sa confiance, de lui assigner des objectifs éclatants, de lui attribuer des privilèges. S’il fallait se résigner à la décolonisation, celle-ci devait avoir lieu avec tout l’éclat des armes et des victoires. Les différentes missions en Algérie, les batailles d’Alger et les expéditions en Kabylie n’ont pas eu d’autre but que de montrer que l’armée était capable de maîtriser le terrain. Ce que d’ailleurs elle a fait totalement. Cela, Le Pen, qui se pique de compétences en matière de stratégie, n’y a rien compris. L’important pour de Gaulle, c’était dans une première phase de vaincre les rebelles et tous les indépendantistes. Mais c’était pour mieux en finir ensuite avec l’Algérie française et faire en sorte que ce soit l’armée qui attribue l’indépendance à l’Algérie.

La question de la torture

Dans un sens, on peut dire que Le Pen représentait la quintessence de l’extrême droite française. On peut dire qu’il en avait les inspirations. Lui-même a révélé – quelle surprise ! – son goût particulier pour la poésie grecque. Ses relations avec Robert Brasillach sont étonnantes, et il le sait. Il a nettement la volonté de se montrer au niveau des disciples les plus intransigeants de Charles Maurras. Mais il y a une question qu’il n’oublie pas de poser. Cette question, c’est bien sûr celle de la torture. L’a-t-il pratiquée lui-même ? En a-t-il approuvé l’usage ? Les soldats et les officiers sous ses ordres étaient-ils d’accord pour qu’on use de telles méthodes ? Le ton de Jean-Marie Le Pen devient plus mesuré et plus précis. D’abord il affirme que ni lui ni ses amis n’ont occupé de poste où ils étaient chargés de procéder à des interrogatoires poussés. Rien n’est plus discutable. Ensuite, pour les autres, la torture avait lieu "simplement parce qu’il fallait qu’elle eût lieu". C’est écrit en toutes lettres dans son livre. On ne savait pas à l’époque quelle était la doctrine officielle de l’armée, qui aujourd’hui la condamne.

Jean-Marie Le Pen déclare deux choses importantes. D’abord que la torture s’est limitée aux "coups, [à] la gégène et [à] la baignoire" (une déclaration de 1957). Ensuite qu’avec ces procédés on n’arrive pas à des mutilations. C’est faux, et il le sait. Tous ceux qui reviennent d’Indochine, où ils ont tous vu des horreurs, sont en désaccord avec ce postulat de l’"efficacité". D’ailleurs, empressons-nous de préciser que bien des officiers de l’armée française pourvus de responsabilités ont désavoué l’usage de la torture. On se souvient bien sûr, en tout cas je l’espère, de Jacques Pâris de Bollardière, qui a condamné la torture, avant de démissionner de l’armée. Mais il y en a eu bien d’autres, comme Hélie Denoix de Saint Marc. "Dès maintenant, les Français doivent savoir qu’ils n’ont plus tout à fait le droit de condamner dans les mêmes termes qu’il y a dix ans les destructions d’Oradour et les tortionnaires de la Gestapo", écrit Beuve-Méry, fondateur du "Monde", le 13 mars 1957. Qu’est-ce qui a alors changé ? Simplement l’acceptation ou le projet de recourir à la violence.

Mais les Européens n’ont plus aujourd’hui les mêmes scrupules ni la même religion humanitaire. Tandis que Jean-Marie Le Pen, avec une sorte de bonhomie méprisante, nous donne des conseils de lucidité, le lepénisme demeure la gangrène qui inspire, bien sûr, une partie du monde islamique, mais aussi maintenant une partie de l’Europe. En Italie, en Hongrie, en Roumanie, on est franchement lepéniste.

Jean Daniel"


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MessagePosté le: Dim 4 Mar - 07:11 (2018)    Sujet du message: Jean-Marie Le Pen publie ses Mémoires. Enquête et extraits. Répondre en citant

des journalistes disent que l'on n'apprend pas grand chose de lui dans son livre.......sauf qu'il n'a aps perdu son oeil dans une bagarre comme on le prétend......



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MessagePosté le: Dim 4 Mar - 09:05 (2018)    Sujet du message: Jean-Marie Le Pen publie ses Mémoires. Enquête et extraits. Répondre en citant



le gars que je voyais en vacances disait qu'il avait reçu un talon aiguille dans
l'oeil . va savoir qu'elle est la bonne version , c'est Pinocchio ce type .




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MessagePosté le: Lun 5 Mar - 07:24 (2018)    Sujet du message: Jean-Marie Le Pen publie ses Mémoires. Enquête et extraits. Répondre en citant

il le dit dan,s son livre mais je n'ai pas retenu comment çà s'est passé..



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MessagePosté le: Aujourd’hui à 02:15 (2018)    Sujet du message: Jean-Marie Le Pen publie ses Mémoires. Enquête et extraits.

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